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On peut entendre dès le rez-de-chaussée des sifflements et des cris de fans déchaînés. Les basses et des bruits de batterie créent un fond sonore, une effervescence, une attente effrénée. On verrait presque des vigiles, les cars de la tournée et l’habituel stand de tee-shirts qui orne généralement l’entrée des salles de concert et des stades les grands soirs de rock.

A mesure que l’on s’approche les signes ne trompent pas, les gens accélèrent le pas pour voir ce qu’il se passe, on entend des cris plus excités, les instruments s’accordent, les voix qui se chauffent.

Et puis on ouvre la porte et on réalise en fait qu’il y a surtout des rires francs et des sifflements sur le thème de « allez là, active ton star power ! ». Dans quelle galaxie avons-nous atterri ? La première partie est-elle si mauvaise que la foule s’excite sur le pauvre trio qui s’active douloureusement sur scène ?

Et là le visiteur stupéfait découvre une scène d’anthologie, généralement face à ses collègues, des amis ou des membres de sa famille, tous plus surexcités les uns que les autres, prêts à en découdre avec les accords de l’histoire du Rock grâce à l’attirail batterie-micro-guitares nécessaire à tout rockeur digne de ce nom. Ils jouent avec les nouveaux jeux vidéo de type Guitar Hero (disponible sur toutes les consoles) et Rock Band (pour l’instant seulement sur xBox ).

Voilà la scène surréelle à laquelle j’ai été confrontée hier midi en revenant de déjeuner : une vingtaine d’amis agglutinés autour de la télé et se confrontant aux rythmes déchaînés de Muse ou Nirvana. Les voix frôlent douloureusement les aigües, des baguettes de batterie finissent par voler et les voisins ont décidé qu’ils avaient passé l’âge de subir de telles horreurs sonores.

Le jeu pourrait sembler être réservé à de grands ados en manque de sensations prêts à goûter un peu du glamour et de la rock attitude des plus grands groupes, mais le principe est, au final, vraiment prenant. On se surprend à vouloir jouer du vibrato avec la guitare ou encourager son public au micro (qui déguise d’ailleurs assez bien la voix).

Le mieux est encore de découvrir ça par soi-même… avec des amis bien sûr !